dimanche 4 octobre 2015

Mathias Pfund _ SPLASH

Une exposition de Mathias Pfund
26.03.15 - 30.04.15
Texte de Romain Juan





Splash est l’onomatopée anglaise pour plouf, Pfund est le nom de Mathias et ressemble fortement à plouf mais n’en est pas la traduction allemande qui est Schwupp ce qui ressemble à Schweppes, une marque célèbre de boisson à bulles. C’est par les bulles et par erreur que Mathias a plongé dans l’art. Il pensait s’inscrire dans une école de bande dessinée, lorsqu’il se rendit compte en passant le concours, qu’il allait y faire de l’art, ce qu’il m’avoue en riant. L’avantage de cette erreur : il n’arriva pas à l’école avec des idées de grandeur artistique, au contraire, très humble, il y fit des maquettes. 

Sans doute par peur des profondeurs, et ne sachant très bien nager, Mathias, pour apprendre, s’appropria et réduisit des œuvres modernistes piochées dans des catalogues épais et un peu poussiéreux. Il fit donc ce que ceux qui se pensent déjà artistes (car ils ont réussi un concours d’entrée) ne font pas : connaître son histoire et la traduire de ses mains et de ses yeux. Il se passionna particulièrement pour Henry Moore, dont certaines sculptures lui rappellent des gens faisant l’amour, à bien y regarder il a raison ; Mathias et Henry partagent le même humoore (désolé) et une même idée de la représentation, assez proche de ce qu’en BD on appelle «gros nez». 

Ces maquettes « gros nez » en papier mâché peint, il les prit en photo, en noir et blanc, les intégrants à des jardins et des paysages, quasiment les mêmes que sur les reproductions des catalogues poussiéreux. Ces photos ; il les fit tirer en tout petit comme des cases de BD. Après cet apprentissage par réduction, Mathias me dit qu’il était temps pour lui de sauter dans le grand bain et connut ce qu’il appelle « la libération par la piscine », l’émancipation des figures tutélaires par leur dissolution dans le monochrome bleu californien d’un fond de bassin. Ce n’est pas le Bigger Splash mais un gros plouf qu’il fit en construisant des piscines dans des boîtes en cartons, y mettant en place son propre langage, à l’intérieur duquel, l’étiquette produite fait office d’instruction de montage. 

Les piscines sont dans des boîtes. Et quand les boîtes sont petites, ce n’est pas une valise en carton mais en bois qu’il utilise, pour ranger ses piscines. Mettant des boîtes dans des boîtes, des petites maisons avec piscines dans un quartier clos: le rêve américain version suburb chic. 

Romain Juan 


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