dimanche 4 octobre 2015

Geörgette Power _ Une nuit de sommeil

Une exposition de Geörgette Power
26.05.15 - 15.06.15
Texte de Nicolas Valckenaer et Bérénice Béguerie membres de CTRLZ STUDIO














On pourrait y aller à bord d’un avion en papier numérisé d’un centimètre sur deux, à travers une borne de salon, entre la ligne et le pixel, une violente absence de pesanteur.
Le regard absorbé comme par Asteroïds. Ça se suit, ça défile, mais ça ne tourne pas.
Je ne sais pas si je suis vraiment sur la carte, et si j’y suis, je ne sais pas dans quel sens, on peut la relire avec bon sens, c’est chaque fois différent. Je cligne et je voudrais passer outre cette colline qui me rappelle tant le sable de Journey, au moins pour surfer entre quelques ruines. J’espère aussi que quelque chose va prendre feu svp, sinon c’est de la triche.
Des images commercent entre elles, j’aimerais bien voir ce film étant petit.  

Nicolas Valckenaere, membre de CTRLZ STUDIO 


Je crois que l’appartement fait environ 50m2 d’après ce que m’avait dit L il y a un moment. Je me souviens nous étions installées sur mon balcon avec T et A, le soleil se couchait derrière les toits rouges. Les bières étaient fraîches. Avant que L nous raconte la visite immobilière, je racontais aux filles ma semaine sur les îles éoliennes :
«_ Alors tes vacances ? me demande T d’une voix enjouée.
_ C’était vraiment bien, lui dis-je.
_ Tu es bronzée, ça te va bien ! me glisse A avant que je débute mon histoire.
Je lui souris, et prends une gorgée dans ma bouteille de bière. J’ai acheté des Corona, elles me font me sentir sans arrêt en vacances.
_ Ouais, c’était vraiment trop bien, avec G déjà, ça s’est super bien passé, on a tellement rit ! Et puis, je suis heureuse d’avoir enfin vu des volcans. _ Tu m’étonnes ! me lance T.
_ Hum... dis-je sans ouvrir la bouche. Une perruche passe devant mon champ de vision, je lève les yeux vers le ciel. Je me racle la gorge et reprends.
_ Le premier jour, c’était formidable, on est arrivé par bateau sur la première île où nous logions. Au loin, alors que le ciel n’avait aucun nuage, j’ai aperçu une forme blanche qui se dessinait. Les vitres du bateau étaient dégueu. Elles étaient pleines de sel et de gouttelettes qui tombaient irrégulièrement à cause de la vitesse. Je ne comprenais pas de quoi il s’agissait.
_ Pardon, je te coupe, il reste des Corona ? demande T.
_ Oui, oui, au frigo. répond A rapidement.
Elle me regarde en souriant et me fait un signe de tête pour me faire comprendre de reprendre mon histoire.
_ Oui et donc, je comprenais pas cette forme, vu la météo et puis même quand il y a des nuages présents en cas d’anticyclone, ils ne res-semblent pas à ça... Du coup, en sortant du bateau, j’ai directement cherché cette forme à l’horizon. Et puis je me suis souvenue de ce que m’avait raconté S il y a quelques mois. Le Stromboli crache une gerbe de lave à peu près toutes les 20 minutes. La forme blanche n’est autre que la fumée produite par la lave. Je m’interromps une seconde et bois un peu dans ma bière. Elle a bien le goût du citron vert que j’ai glissé dedans au début.
T revient avec une bouteille et s’installe en face de moi sur un petit tabouret en formica rouge.
_ Merde, j’ai loupé le début de l’histoire, me dit-elle désolée.
_ Mais non t’inquiète, je disais juste que y’avait une forme dans le ciel qui ressemblait à un nuage mais en fait c’était de la fumée produite par un volcan.
_ Le quoi déjà ? me demande A.
_ Le Stromboli. répondis-je. C’est le volcan le plus actif des îles éoliennes. Il y en a un autre qui s’appelle Vulcano. Je trouve ça trop classe comme nom. Volcan quoi !
_ Ahahah !! lâche T entre deux gorgée. Ça ne m’étonne pas que tu aimes ce nom !
Je rigole aussi.
_ Mais y’avait pas le Vésuve qui venait juste de se réveiller quand t’es partie là-bas ? me demande A.
_ Alors oui, lui du coup, j’ai pas pu le voir. En fait, les avions ne pouvait atterrir en Sicile que du côté ouest de l’île, à l’opposé quoi...
_ Ah ouais, c’est dommage, je crois que c’est cool à voir pourtant. me dit T.
_ Ouais tant pis, j’irai une prochaine fois !
La porte d’entrée se claque. C’est L qui rentre je pense. Il monte lentement les marches de notre entrée et s’avance vers nous. Il a l’air fatigué mais soulagé. Il passe la porte fenêtre du balcon et s’installe avec nous. A lui attrape une bière et je continue ma petite histoire.
_ L, je raconte un peu ma semaine de vacances. Je disais que j’étais très contente d’avoir vu des volcans. Et oui, la maison qu’on avait loué, était au bord de la mer. Donc on avait une vue magnifique sur les différentes îles, dont le Stromboli.On avait une terrasse de 2 à 3 mètres et après un escalier et hop, directement la plage. C’était trop bien !
Le soir, un peu à la même heure que là, c’était trop agréable. On se baignait devant la maison avec nos matelas gonflables. Et au loin y’avait ces espèces de nuage de fumée qui avançaient lentement sur l’horizon. _ Wah !! Ça a l’air trop beau ! s’esclaffe L.
_ Oui ! J’ai pris pas mal de photo...
_ Et comme il y avait très peu de vent, je me suis imaginée que le bleu du ciel, les bouts qui étaient présents entre tout les amas de fumée représentaient une durée de temps d’environ vingt minutes.» 


Bérénice Béguerie, membre de CTRLZ STUDIO



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